06/05/2009

Ne pas tout dire aux copines !

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Entre nanas, la papote, ça nous connaît. Et la solidarité aussi. Dieu sait pourquoi nous sommes faites ainsi, mais nous sommes sûres d'une chose: nous sommes capables de raconter notre vie comme personne. Et en détails s'il vous plaît. A ce jeu-là, rien à redire, on les meilleures. Et on se surpasse tant dans l'emphase que dans l'art de la formule. La critique, la complainte, la description des sentiments et des grands moments: les copines n'en ratent pas une miette.

C'est comme si elles y étaient, et nous aussi, car on revit presque les situations qu'on leur dépeint. Seulement voilà, il arrive un moment où tant d' "honnêteté" et de transparence, si on peut appeler ça comme ça, pose problème. Pourquoi?

1. Parce qu'on est pas face à la meilleure personne pour nous aider
Une copine n'est pas - en général - une psy. Dans cette mesure, elle n'est pas toujours l'interlocuteur le plus nuancé, le plus neutre, le plus adapté pour entendre certains aspects de votre intimité et de vos problèmes. Une copine reste une copine, ne lui donnez pas le rôle de quelqu'un d'autre. Elle n'est pas un observateur extérieur, car elle a aussi son vécu, ses problèmes, ses propres préoccupations et surtout une place dans votre vie. Et vous dans la sienne.

Comment dans ce cas mettre les choses en perspective de façon objective? Si elle connaît les intervenants de la situation que vous racontez, elle a déjà ses a prioris, son expérience avec eux, et avec vous aussi. Une amie aura tendance à vous défendre. Une amie mal dans sa peau saura en profiter pour (même malgré elle) vous accabler. Réfléchissez donc toujours bien à la personne à qui vous vous adressez et à sa capacité à vous aider dans ce contexte spécifique.

2. Parce que les nouvelles vont vite

On le sait en général depuis la maternelle, quand votre lutin de camarade de bac à sable est allé vous dénoncer à la maîtresse. Cela a continué avec le délation d'une copine de troisième primaire, qui a allègrement répété qui était votre amoureux à toute la classe. Ca s'est achevé par la traîtrise ultime de votre meilleure pote de secondaire, qui a balancé, après une dispute, que vous aviez déjà couché avec votre petit ami. Et pourtant, c'est en toute confiance que vous aviez, fébrile, fait part de votre grand secret (de polichinelle, d'accord).

Adulte, la leçon ne vous a pas toujours servi. Vous avez, indignée, déversé votre fiel au sujet du patron auprès de votre gentil collègue, et vous vous étonnez que cela sorte en réunion. Vous avez avoué avoir des problèmes de couple à une amie, et son mari a appris à votre conjoint que vous vous sépariez. Ah bon, première nouvelle. Attention à ne pas malgré vous vous retrouver au centre de ragots. Même si cela ne part pas d'une mauvaise intention de la part de votre entourage, les on dit peuvent causer bien du tort. Et là, on se dit parfois qu'on aurait mieux fait de se taire...

3. Parce qu'elles ne sont pas là que pour ça
Se confier, partager, s'exprimer, se décharger, c'est bien. Ne faire que ça, pas. Le sacro-saint réflexe du coup de téléphone pour relater en live tout ce qui va, ne va pas, contrarie, fait rire ou révolte, on l'a presque toutes. Seulement voilà, faisons le compte à la fin d'une semaine de la proportion d'informations qu'on a données en direct à notre amie: c'est hallucinant. De son côté, elle fait pareil? C'est déjà ça, vous ne l'accablez pas que par vos petits soucis, elle a sa place aussi.

Mais n'oubliez pas que les amies ne sont pas là que pour ça. Vous pensez avec nostalgie aux coups de fil que vous passiez pour arranger un week-end ou vous taquiner l'une l'autre? Revenez-en aussi un peu à ça. Repassez du temps à parler de tout et de rien. Et n'oubliez pas que de toutes façons, votre amie ne pourra jamais décider ou réagir à votre place. Il y a des moments et des choix dans la vie devant lesquels ont est radicalement mais temporairement seuls.

4. Parce qu'à trop raconter, on dramatise
Ah oui l'emphase qui nous caractérise amuse les copines qui sont, on le sait, bon public. Et nous encouragent parfois même à nous surpasser. Mais attention aux excès. Trop de détails tuent le détail. Et la tendance hyper féminine à tout analyser dans le moindre détail est un danger décuplé avec l'émulation du groupe de copines. L'une ou l'autre trouvera toujours une interprétation tirée par les cheveux à laquelle vous n'aviez pas encore pensé. Ou pour trop vous conforter dans un mauvais sentiment, peut-être non justifié qui plus est! Vous seule vivez la situation, la conversation, un sentiment. Vous seule savez à quoi vous en tenir, et vous seule devez savoir quand relativiser.

Et trop raconter ce que l'on ressent a parfois l'effet très pervers de mettre dans votre esprit encore plus de désordre qu'à l'origine. Et quand vous essayez de vous changer les idées, malheureusement quelqu'un risque toujours de revenir avec le sujet sensible. Gardez-vous des "points de chute" où vous n'avez pas à aborder ce qui vous hante déjà assez. A ne parler que d'un seul problème, on lui donne parfois trop d'importance.

5. Par respect pour celui dont on parle
Certains détails, réputés croustillants dans les conversations entre filles (et entre hommes aussi d'ailleurs) relèvent uniquement de l'ordre du privé. Il faut savoir faire la différence entre raconter sainement ce qui nous fait rire ou nous inquiète, pour avoir un conseil ou un soutien, et ce qui relève trop de l'intimité de l'autre. Vous n'aimeriez pas que vos tabous ou blocages soioent répétés à tout va, faites-en autant pour votre compagnon.

C'est lui le premier concerné, c'est à lui de savoir où vous en êtes avant d'en faire part à la terre entière, question de respect, et de faire les choses dans l'ordre aussi. Même en dehors du champ du couple, essayez de temps en temps d'imaginer ce que ressentirait la personne dont vous parlez à votre interlocuteur si elle vous entendait. Si vous l'imaginez blessée, sans doute est-ce le moment de mesurer vos propos et d'éviter de prononcer des mots qui vont trop loin. Votre liberté de bavardage s'arrête, sans doute, là où commence le respect de celui dont on parle.


( Source : Annabel Claix - sur 7sur7.be )

08:00 Écrit par Dakeyne dans Sexe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : copine, femme, histoire |  Facebook |