14/05/2009

Nos premiers émois de filles

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Quel bonheur, quand on est grandes, de décider seules, de faire nos propres choix et de s'offrir ce dont on a envie quand on en a envie sans devoir demander ni l'avis, ni l'aval de qui que ce soit.

Nos goûts, on les assume et on en profite. Et pourtant, on ne retrouve plus souvent ces premières émotions de petite fille, ces premières impressions et découvertes qui surprennent, émeuvent, font battre les coeurs. Toute cette magie des premières fois... Et si on ne les retrouve plus très souvent, on ne les oublie pas pour autant... Preuve en est, on frétille encore en pensant à:

- notre première fraise tagada, le sucre cristallisé sur ce bonbon doux, sucré et acidulé à la fois. Parfait.

- le parfum de notre maman, ou celui de son maquillage, quand elle venait nous dire au revoir dans notre lit avant de sortir avec notre papa. Réconfortant.

- le premier Noël, les cadeaux et l'ambiance magique. Une atmosphère qu'on voudra reproduire chaque année toute notre vie... Subjuguant.

- la première jupe, la première barrette, le premier cartable... rose! La classe. Même avec le recul, la plus élégante, c'était nous.

- la première nuit chez une copine de classe, loin de notre petit lit et nos doudous, de nos parents et de nos petites habitudes

- ce fameux jour où nos parents nous ont laissé aller percer nos oreilles... on se sentait soudain tellement belle et femme. Façon de parler évidemment.

- la première trahison d'une copine. On a toujours pas avalé. Scandaleux.

- la première gorgée de vin ou de bière. Ce goût acide qui nous aurait presque fait frémir de dégoût pour de bon si on avait pas tenté la deuxième gorgée pour réessayer. Celle qui fut malheureusement la bonne... Excitant.

- le premier émoi pour un garçon. Ce jour-là même où ils ont arrêté d'être tous moches, nuls, sales, pas drôles et pas gentils à nos yeux. Déroutant.

- la première fête de l'école. Celle où on a dansé sur "Fais comme l'oiseau" de Michel Fugain avec un bandana dans les cheveux et une jupe en papier crépon, où maman a pleuré et où papa a filmé sans en perdre une miette, quitte à écraser le papa de Kevin et la mamie de Juliette. C'est qu'on était vraiment extraordinaire. Indéniable.

- le premier passage du beurre de cacao sur nos lèvres, du premier vrai rouge à lèvres et du premier coup de mascara. Ce moment où on s'est vue complètement métamorphosée par trois fois rien. Radical.

- le premier soutien-gorge. Sa forme et sa couleur, on ne les oubliera jamais. L'essayage, toute gênée en cabine, avec la maman ou la grande soeur qui gloussent derrière le rideau avec une vendeuse amusée. Embarrassant.

- le premier vrai moment de séduction. Celui où l'on a d'abord peur de ne pas plaire, puis où l'on se rend compte de notre pouvoir sur les hommes. Et où l'on réalise avec un brin de vertige qu'on va pouvoir en jouer toute la vie durant. Ah ah ah c'est bon d'être une femme. Exaltant.

- la première bouchée dans un Melo-Cake. Le chocolat au lait fondant, la mousse blanche inédite, le biscuit dentelé qu'on allait s'amuser à croquer petit coin par petit coin... Savoureux.

- les premières règles. La surprise, l'inquiétude et cette enivrante sensation d'avoir rejoint le clan des femmes. Enfin, on s'en serait bien passée, finalement.

- le premier "je t'aime". Même si on ne savait pas encore tout ce que ça impliquait, ni ce que c'était d'aimer. Innovant.

- le premier examen, le premier stress en étant interrogée devant tout le monde en classe. La peur d'être jugée. Certaines ne s'en sont d'ailleurs jamais remises. Terrifiant.

- la première critique sur notre physique. Celle qui nous aura certainement accompagnée pour les dix prochaines années. Tenace.

- le premier baiser. Celui un peu dégueulasse qui nous a laissé un souvenir qu'on aurait préféré oublié. Mais qui nous fait quand même sourire avec le temps. Surtout quand on repense aux papillons dans le ventre qui nous terrassaient d'émotion à la minute fatidique. Renversant.

- le premier passage de Saint-Nicolas ou des cloches de Pâques. Par où étaient-ils passés, comment personne n'avait-il rien entendu, comment faisaient-ils pour passer chez tous les enfants le même jour. Incroyable.

- le premier chagrin d'amour. Cette première sensation de s'effondrer en poussière, de l'intérieur. Inconsolable, par définition. Jusqu'au suivant, évidemment.

- le terrible sentiment de culpabilité après la première grosse bêtise. Et la première fessée qui s'ensuivit. Et pas celle pour rigoler de notre chéri. Envahissant.

- les premières fleurs. Que ce soit la rose offerte par notre papa, les pâquerettes du petit voisin ou les jonquilles de l'homme de notre vie. Elles ont presque toutes compté. Touchant.

- la première nuit. Le premier corps d'un garçon. le premier vrai contact charnel. Punaise, c'est quand même sexy le corps d'un homme. Grisant même.

- le premier largage de mec. La tête dépitée de l'autre quand on lui dit qu'il ne nous verra plus. Le sentiment de fierté ou de soulagement juste après. Au choix. Allégeant.

- le premier dîner en amoureux, cuisiné par nos doigts maladroits et anxieux. L'envie d'épater notre amoureux. Juste passager (et heureusement).

- le premier rendez-vous chez le gynéco. Entre gêne, angoisse et pudeur. On ne voulait pas y retourner... pourtant on a du prendre l'abonnement. Gavant.

- la première perte d'un être cher. Cette fois où on comprend qu'il y a des vraies douleurs dont on ne guérit jamais. Traumatisant.

- la première journée shopping en talons haut. Classe vingt minutes, insoutenable les six heures suivantes. La dernière journée shopping en talons haut, donc. Epouvantable.

- le premier orgasme. Le vrai, celui qui nous a secouée pour la première fois au plus profond de notre corps. Celui qui nous a fait nous dire "C'est donc ça dont les gens parlent tant". Evidemment, cette première fois là ne rentre pas, pour beaucoup, dans le point "première nuit". Ni deuxième, ni troisième, ni... Mémorable mais fugace, malheureusement.

- la première fois que notre papa nous a serrée dans ses grands bras émus. Adulte, on entend, soit la première fois depuis qu'on est plus en âge de courir nous blottir contre lui au premier bobo. Bouleversant.

- le premier test de grossesse positif. La stupéfaction, la peur, la joie, la panique. Le plus grand vertige au monde. Inoubliable.

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( Un article de Annabel Claix )

08:50 Écrit par Dakeyne dans Fun | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emois, fille, femme |  Facebook |

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